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Lutte contre les Violences Faites aux femmes : des États Généraux pour mobiliser tous les acteurs

25 novembre 2016

Présidente du réseau VIF, Geneviève Payet lutte depuis de nombreuses années contre les Violences Faites aux Femmes. Après une année noire sur le front des faits-divers, elle souhaite que les premiers États Généraux contre les VFF débouchent sur des engagements concrets. 

 

Les États Généraux contre les VFF se dérouleront les 25 et 26 novembre à La Réunion en présence de Laurence ROSSIGNOL, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. C’est une première. Comment est né ce projet ?

Le 25 novembre se tient la Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes. Nous aurions pu, comme les années précédentes, marquer le coup en organisant des actions de sensibilisation, des conférences, des pièces de théâtre, des animations dans l'espace public ou des expositions. Mais nous ne voulions pas qu’au terme de cette mobilisation, si intense soit-elle, de tels évènements reprennent leur place habituelle, c’est-à-dire dans la rubrique faits-divers de nos quotidiens. Notre bilan 2015 et, plus encore, l'horreur des drames conjugaux qui ont fait la une des journaux en ce début d'année, nous ont conduits sur une autre voie : celle d'un engagement de tous.

En quoi vont consister ces deux jours ? 

Les États Généraux ont été conçus pour aller au-delà du simple constat sur les données chiffrées et les textes qui encadrent les pratiques. En amont des rencontres, nous avons mobilisé les institutions, les associations et tous les partenaires pour partager les bilans de nos actions. Cet état des lieux commun nous a permis de croiser les différentes formes de réponses possibles au problème, qu’elles soient juridiques, sociales, sanitaires et judiciaires. Et ce, aussi bien dans le sens de l’accueil que dans la protection et les soins des victimes.

Les Etats Généraux s'inscrivent dans la continuité de cette réflexion. Ce sera l'occasion d'exposer le chemin parcouru au long du 4ème plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes entre 2012 et 2016, pour s'engager ensemble sur la voie du 5e plan qui sera dévoilé par Mme Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

Concrètement, qu’attendez-vous de cette manifestation ? 

Pour aller au-delà des promesses, pour avoir la force et le courage d'innover dans nos pratiques et de changer nos procédures, il nous faudra franchir le cap de la contractualisation. Il faudra signer des conventions et donner à l'Observatoire des Violences Faites aux Femmes les moyens de suivre et d'évaluer les étapes franchies.

Ce ne sera pas qu'une rencontre entre initiés, car les violences faites aux femmes, c'est l'affaire de tous ! Notre objectif est de nous adresser à la société civile et au monde de l'entreprise. Nous voulons produire une prise de conscience tout autour de nous et favoriser une responsabilisation citoyenne et solidaire. Des sessions plénières donneront notamment la parole aux victimes et permettront de mettre en lumière des points de vigilance.

Les États Généraux seront donc ouverts à tous ? 

Oui. Les violences intrafamiliales sont une problématique qui implique déjà une grande variété de professionnels : forces de l’ordre, médecins, travailleurs sociaux, etc. Mais nous voulons ouvrir les États Généraux à tous les publics. L’entrée est gratuite et les inscriptions se font en ligne. Un appel aux dons a par ailleurs été lancé sur une plateforme dédiée qui nous permettra de donner réalité à certains projets qui nous tiennent à cœur. Car si les moyens humains et les idées ne manquent pas, les moyens financiers nous font en effet défaut. Pour cela nous vous invitons à nous rejoindre sur HELLOASSO.

Avec davantage de moyens financiers, quels projets souhaiteriez-vous réaliser ?

Avec des financements, nous pourrions créer des espaces de parole pour les enfants victimes de violence ou issus d’environnements familiaux risqués. Nous aimerions également remettre à jour nos supports d’information destinés aux victimes et aux auteurs de violences. Ce sont des outils essentiels qui sont mis à disposition des forces de l’ordre, du corps médical, des services sociaux, etc. Ils contiennent les numéros d’urgence et les lieux d’accueil et de dialogue prêts à les prendre en charge. Nous pourrions également produire des supports audiovisuels et recueillir les témoignages des détenus, auteurs de violence, avec qui nous travaillons régulièrement.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui freine, selon vous, les avancées en matière de lutte contre les violences faites aux femmes ?

Le frein principal ? Le sexisme ! Le sexisme est ancré dans notre société. Et malheureusement, la domination masculine y règne encore en maître. Au-delà de cette triste généralité qui mine la parité homme femmes, le manque de formation des professionnels notamment les forces de l’ordre, les entreprises et le corps médical est également à déplorer. Et ce malgré la volonté et la dynamique très fortes à La Réunion de former les professionnels à la victimologie.

Un dernier mot ? 

Aujourd’hui, les faits de violences envers les femmes sont bien trop souvent banalisés et c’est ce que nous voulons éviter à tout prix. Nous voulons former les professionnels, sensibiliser la population et éduquer les enfants à ces phénomènes pour que ces violences ne soient plus jamais sous-estimées.

 

Propos recueillis par Alice Robert