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Évaluation OIIS : un outil de pilotage innovant

10 avril 2017

Depuis 2015, Myriam Le Goff, maitre de conférences économiques à l’IMT Atlantique et Thierry Sibieude, professeur à l’ESSEC et titulaire de la chaire entreprenariat social, accompagnent les équipes OIIS dans la mise en œuvre de l’évaluation médico-économique et la mesure de l’impact social du programme. Rencontre.

Quel est votre rôle dans l’évaluation ?

« Nous avons proposé le cadre méthodologique et nous venons en support pour animer la démarche. Celle-ci repose sur une évaluation intégrée dès le démarrage des chantiers et co-construite avec les acteurs du programme, à savoir les professionnels de santé et les équipes projet. De ce point de vue, l’évaluation se fait sur les mêmes modalités que le programme, à savoir la co-construction. »

Quels sont les objectifs de cette évaluation ?

« Il y a trois objectifs principaux. L’évaluation permet d’abord un meilleur pilotage de l’activité grâce aux indicateurs dont les équipes projet peuvent se servir dès maintenant. C’est de plus un élément structurant pour le projet, car les parties prenantes se sont interrogées sur leurs objectifs au départ, ce qui a des conséquences sur les choix techniques et opérationnels. Enfin, elle va faciliter les travaux lors de l’évaluation nationale.

Ce qui est innovant dans la démarche adoptée, c’est que l’évaluation combine une approche médico-économique et une mesure de l’impact social. En effet, le projet va toucher au bien-être et à la qualité de vie des patients, mais aussi à leurs échanges avec les professionnels de santé. Il était donc important d’affirmer l’existence et la place de cette composante sociale et sociétale. 

L’intérêt de mesurer l’impact social, c’est de raisonner la santé non pas comme un acte purement technique, mais comme une prise en charge de la personne dans sa globalité. »

 

Myriam le Goff et Thierry Sibieude accompagnés de l'équipe OIIS APPUI.

À quelles questions l’évaluation doit-elle répondre ?

« Pour nous l’évaluation n’est pas une tâche en plus : elle fait partie intégrante de l’activité quotidienne du projet. Elle doit permettre d’identifier les actions efficaces et efficientes pour les démultiplier et transformer l’expérimentation en un système pérenne. Et cela ne doit pas uniquement se faire à l’aune d’intérêts comptables et économiques. Elle doit aussi permettre d’améliorer les services du fait d’un meilleur pilotage au quotidien. »

Comment et par qui le programme est-il évalué ?

« Il est évalué par les acteurs, professionnels de santé et équipes projet. Nous avons pu aider à identifier les parties prenantes, la question évaluative pour déterminer ce que l’on veut changer et se donner les moyens de l’évaluer, les indicateurs et la valorisation. »

N’y a-t-il pas un risque à être ainsi juge et partie pour les équipes projet ?

« Notre rôle est aussi de faire attention : il ne doit pas y avoir de complaisance ni non plus d’indicateurs trop élevés et donc inatteignables. Et c’est dans l’intérêt des équipes d’être le plus juste possible, puisque c’est ce qui va leur permettre de piloter au mieux leurs chantiers. »

Quand les résultats seront-ils connus ?

« Certains indicateurs donnent des résultats à un an, d’autres à 5 ans puis à plus de 5 ans. Les résultats à plus de 5 ans concernent la mesure des comportements, c’est plus long. Mais dès la fin 2017/début 2018, les premiers chiffres de réalisation seront connus, comme le nombre de connexions aux portails par exemple où le nombre de patients pris en charge par OIIS APPUI. »

 

Propos recueillis par Clémentine Baille